Les Voûtes
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BRUT DE CHINE
Documentaires Indépendants Chinois
 
Première française !
 
Les Voûtes et Idéogramme présentent une sélection inédite de documentaires pour découvrir une Chine authentique et sans retouches, saisie sur le vif par la nouvelle vague des documentaristes chinois indépendants (films en mandarin, avec sous-titres anglais).

Dates :
Samedi 13 septembre, de 16h à 22h.
Dimanche 14 septembre, de 16h à 21h.

 
Adresse :
Les Voûte, 91 Quai Panhard & Levassor, 75013 Paris
(entrée du public par la rue Neuve Tolbiac)
www.lesvoutes.org
 
Entrée :
Forfait journée, 2 euros
 
Contact Presse :
Stéphanie Ollivier
E-mail : lifenni@163bj.com
Mobile : 06 76 30 05 39
 
PROGRAMME
 
Samedi 13 septembre, de 16h à 22h
Figurants, de Zhu Chuanming, 2002 (70 minutes).
Mont Lointain, de Hu Jie, 1995-2003 (40 minutes)
Quelqu'un m'écoute ?, de Mao Ran, 2003, (25 minutes)
La Cage Vide, de Jiang Zhi, 2002 (25 minutes)
Papi Jing et ses Vieux Clients, de Shi Runjiu, 2003 (55 minutes)
Le Long de la Voie Ferrée, de Du Haibin, 2001 (98 minutes)
 
Dimanche 14 septembre, de 16h à 21h
Ile, de Feng Lei, 2001 (60 minutes)
Comme une Rafale de Poussière, de Wang Shiqing, 2002 (50 minutes)
Fichez-moi la Paix, de Hu Shu, 2002 (50 minutes)
DV China, de Zheng Dasheng, 2002 (92 minutes)
 

ORGANISATEURS
 
L'association Les Voûtes, créee en 1996 pour sauvegarder les quatre voûtes situées sous la rue de Tolbiac et le jardin attenant, a transformé cet ensemble architectural unique en un dynamique espace alternatif, un lieu d'échanges et de débats proposant une programmation artistique éclectique ouverte à de nombreuses disciplines (concerts, théâtre, expositions, projections, débats, banquets...).
 
Idéogramme, structure franco-chinoise désireuse de donner un coup de pouce aux échanges culturels alternatifs entre les deux pays, a déjà organisé en janvier 2001 le premier concert parisien de la rock star chinoise Cui Jian.
 
Ces projections ont également bénéficié du soutien amical de la maison de production pékinoise Tiandijiuyue.
 

EDITO
 
La Chine d'aujourd'hui n'en finit plus de changer de peau, de vivre à vitesse turbo ce qui représente probablement les mutations socioculturelles les plus profondes de sa longue histoire. Le documentaire devrait donc pouvoir y jouer pleinement son rôle de témoignage du réel en mouvement. Pourtant, les autorités communistes restent accrochées au principe qui régit les ondes télévisées chinoises depuis un bon demi-siècle: la principale finalité d'une oeuvre audiovisuelle est d'adhérer de près à la ligne du parti pour mieux le servir, quitte à modifier la réalité au passage si nécessaire. Le prix exorbitant et la lourdeur du matériel de tournage ont d'ailleurs longtemps aidé les censeurs politiques à garantir que le "pouvoir de filmer" resterait bien entre les mains des seules équipes de la télévision officielle. Et puis, la " DV " (digital video) est venue tout chambouler. Dans la seconde moitié des années 90, la banalisation en Chine de caméras numériques extrêmement discrètes, bon marché et simple d'utilisation, a ouvert une fenêtre de création audiovisuelle dans laquelle une génération de cinéastes, mais aussi de documentaristes, se sont engouffrés. Et les histoires vraies qui mijotent dans le bouillonnant chaudron chinois sont souvent plus fortes encore que la fiction.
 
Depuis quelques années, grâce au matériel numérique, des oeuvres documentaires étonnantes ont pu voir le jour, tournées le plus souvent par des réalisateurs frais émoulus d'une école de cinéma ou de communication audiovisuelle, mais aussi par des autodidactes complets. Les uns comme les autres ont pris conscience de l'urgence qu'il y avait à garder une trace d'un quotidien ou de lieux que les féroces pelleteuses menacent chaque jour de réduire en fumée. Alors que la télévision d'état concentre son énergie et ses énormes moyens pour évoquer l'histoire, la culture traditionnelle chinoise ou les us et coutumes des minorités ethniques du pays, les documentaristes indépendants, eux, s'intéressent plutôt aux vieux qui bavardent en bas de l'immeuble, aux enfants des rues d'en face, à la montée du chômage, aux travailleurs migrants, aux mineurs des campagnes, aux artistes underground, aux hôtesses des karaoké ou encore aux homosexuels. Tous sujets de société que les documentaristes officiels ont rarement l'idée, le temps, ou tout simplement l'autorisation, de traiter en profondeur. Les oeuvres des réalisateurs de cette Génération DV, comme elle a déjà été estampillée, redonnent ainsi tout son sens au terme "documenter". Et les historiens regarderont probablement un jour avec reconnaissance ces tranches de vie chinoises saisies sur le vif par leurs graciles et impertinentes caméras.
 
En dépit de conditions précaires : la plupart des films de cette vague numérique ont été produits en solo du tournage jusqu'à la post-production, avec un budget souvent proche de zéro. L'indépendance permet en revanche de prendre son temps (certains tournages se sont étendus sur plusieurs années). Et les copains sont régulièrement sollicités pour aider à boucler les films en prêtant du matériel, en donnant des conseils de montage ou en traduisant les sous-titres. Dans ce contexte, un certain nombre de ces réalisateurs ont opté pour la simplicité : des récits assez linéaires essentiellement rythmés par les dialogues, sans réelle intervention d'un narrateur et très peu d'effets spéciaux. L'ensemble a donné vie à des films très authentiques au contenu souvent fort, mais dont les couacs techniques et la forme assez brute de décoffrage semblent provoquer une certaine perplexité chez les professionnels occidentaux de l'audiovisuel. Dommage, car les festivals internationaux et les chaînes de télévision étrangères sont les principales plate-formes de diffusion de ces documentaires chinois de l'ère numérique. Certains des pionniers du genre - de Yang Lina à Wang Bing, en passant par Zhong Hua - ont pourtant déjà brillé dans les rendez-vous documentaires les plus prestigieux de la planète. Mais nombreux sont leurs collègues qui restent coincés dans une tenaille infernale : leurs films ne sont pas assez "politiquement corrects" pour être diffusés en Chine (à l'exception de projections chez des particuliers ou dans certains cafés branchés des grandes villes), et tout aussi insuffisamment "formatés" pour être facilement digérés par des téléspectateurs étrangers.
 
Néanmoins, le fort antagonisme qui a tout d'abord opposé les gens de la télévision (maîtres des subtilités de l'image mais qui décrivent souvent une Chine plus rose que nature), et les réalisateurs "DV" (souvent autodidactes et qui préfèrent décortiquer la face noire de leur société) s'amenuise peu à peu. Un rééquilibrage semble même en train de s'opérer à tous les niveaux. La palette des sujets traités par les documentaristes des deux bords s'élargit constamment. Les gens issus du sérail télévisuel commencent à produire des films en indépendants, tandis que les accrocs du numérique ne dédaignent plus collaborer avec des maisons de production officielles. Lorsqu'ils ne sont pas tout bonnement embauchés dans une rédaction de la télévision d'Etat, assurant ainsi un revenu minimum leur permettant de tourner ensuite leurs propres oeuvres. A moins encore qu'ils ne décrochent une bourse de l'un des fonds internationaux d'aide au documentaire. Sans oublier que de plus en plus de films tournés grâce à la souplesse du numérique sont ensuite montés en format Beta, assurant une meilleure qualité de diffusion. Exit donc le mode unique -- ou binaire -- de production documentaire en Chine. L'avenir se trouve d'ailleurs dans l'accélération de cette symbiose du "on" et du "off". Les films déjà aboutis de la toute première génération des documentaristes chinois indépendants tels que Wu Wenguang ou Duan Jinchuan - qui ont fait leurs classes dans les réactions de CCTV, mais ont commence à s'émanciper du système dès le début des années 90 - en donnent déjà un aperçu. Bonne nouvelle, car le réservoir des histoires chinoises incroyables mais vraies n'est pas prêt de se tarir.
 
La sélection de documentaires présentés ici est loin d'être exhaustive, ni représentative d'une " nouvelle vague ". Il s'agit plutôt d'un échantillon inédit en France des différents types de documentaires tournés grâce au numérique depuis le milieu des années 90 en dehors des canaux de télévision officiels chinois (à l'exception de "DV China", dont le sujet semblait en phase avec le reste de la programmation). Avec le regret de ne pas avoir réussi à y glisser de films de femmes : le documentaire made in China reste encore largement masculin !
 
Ces projections se veulent avant tout une occasion pour le public parisien de découvrir quelques-unes des innombrables facettes du kaléidoscope chinois. Vues de l'intérieur, et sans les retouches souvent apportées par les médias occidentaux ou le cinéma. Une Chine à l'état brut, donc, qui risque d'écorner certains clichés encore solidement ancrés dans les esprits français. C'est là le plus beau rôle d'un documentaire…
 
Stéphanie Ollivier, Idéogramme --




photo: a.borgeaud


SYNOPSIS

FIGURANTS
(Qunzhong Yanyuan)
2002
75 minutes
Réalisateur : Zhu Chuanming
Production : Zhu Chuanming
Contact : liuaiguo@vip.sina.com

SYNOPSIS
C'est une bande de jeunes citadins désœuvrés. Ils se disent figurants de cinéma mais passent surtout leurs journées à traîner devant les portes des studios de Pékin. Avant de retourner dans les bicoques louées à des paysans dans la banlieue, et de passer la soirée à raconter des blagues salaces à une jeune fille naïve, à taper le carton ou à regarder des films pornos. Li Wenbo, Bao Hehua et Wang Gan avaient pourtant la tête emplie de rêves, de succès cinématographique et de millions à venir. Mais avoir à penser à leur prochain repas ou à la prochaine échéance de leur loyer les a rapidement ramenés à une réalité plus amère.

Pendant le tournage, je regardais ces jeunes figurants d'un peu haut, les trouvant trop terre-à-terre et démotivés. Mais lorsque, seul devant mon banc de montage, je me suis repassé les rushes du tournage, que j'ai revu ces jeunes avec lesquels j'avais passé tant de soirées, que je les ai entendu une nouvelle fois formuler leurs modestes projets d'avenir, je me suis senti submergé par une grande mélancolie. Pour eux, autant que pour moi. Ces jeunes étaient condamnés à l'échec dès le départ. Et pourtant, il y a aussi chez eux de la dignité, du courage et cet espoir, tragique par nature. J'espère avoir su raconter ce voyage vers la désillusion.

ZHU CHUANMING
A vu le jour en 1971 dans une plantation de thé de la province du Jiangxi. Diplômé d'un lycée technique, il a été ouvrier dans une usine pétrochimique pendant cinq ans. Il a ensuite intégré la section photographie de l'Institut du Cinéma de Pékin, où il vit aujourd'hui. Outre ses travaux documentaires, Zhu Chuanming publie régulièrement des nouvelles, poèmes et essais dans les magazines littéraires chinois.

Filmographie : Le Confectionneur de Duvets de Pékin (documentaire, 1999) / Figurants (documentaire, 2001).


MONT LOINTAIN
(Yuan Shan)
1995 (tournage) - 2003 (nouveau montage)
40 minutes
Réalisateur : Hu Jie
Production : Hu Jie
Contact : hjfilm@163.com

SYNOPSIS
Après le début des réformes économiques en Chine, les notables de plusieurs régions du Nord-Ouest, riches en ressources minières, ont été autorisés à exploiter de modestes puits de charbon. Ces mines privées sont aménagées de manière très sommaire et les mesures de sécurité y sont souvent obsolètes. Un grand nombre de mineurs y meurent d'accidents chaque année . Mais les paysans pauvres de ces régions continuent à être volontaires en grand nombre pour y travailler, car ils y gagnent bien plus d'argent qu'aux champs. Les autorités locales, elles, ferment les yeux et protègent souvent ces mines sauvages, qui sont des sources de profit pour elles aussi.

Après quelque temps passé dans l'un de ces petits puits miniers, situé dans les entrailles d'une lointaine montagne de l'Ouest chinois, à plus de 3600 m d'altitude, j'ai réussi à devenir un ami aux yeux des quelque 200 mineurs qui y travaillent. J'ai fait mon possible pour suivre leur travail dans la mine et leur vie privée, sans trop jouer les intrus. Je voulais garder une trace de ce labeur sous-terrain, de cette respiration et de ces regards si lourds, de cette petite lampe à huile accrochée à leur front ou encore de ces efforts qu'ils font pour ramper jusqu'à l'ouverture de la mine et atteindre enfin la lumière du jour. Mon modeste tribut à ces hommes de peine.

HU JIE
Il est né à Jinan, dans la province du Shangdong, en 1958. A peine sorti du lycée, il a travaillé un an dans une usine avant d'entrer en 1977 dans l'Armée Populaire de Libération. Il a par la suite étudié la peinture à l'Université des Beaux-Arts de l'Armée, puis la littérature à l'Académie de l'Armée de l'Air. Avant d'abandonner l'uniforme et de se lancer en 1995 dans une prolifique carrière de documentariste indépendant.

Filmographie : Les Artistes de Yuanminyuan (documentaire, 1995) / Exode (documentaire, 1995) / Mont Lointain (documentaire, 1995) / L'Entremetteuse (documentaire, 1996) / La Troupe de Théâtre (documentaire, 1997) / Les Travailleurs Migrants (série de courts-métrages, 1998) / Au Bord de la Mer (documentaire, 1999-2003) / Chansons des Plaines (documentaire, 2001-2003) / Se chauffer au Soleil (documentaire, 2002) / Baobao Beibei (documentaires, 2002).


QUELQU'UN M'ECOUTE ?
(Shei zai ting wo ge chang?)
2003
25 minutes
Réalisateur : Mao Ran
Production : Mao Ran
Contact : jingez7406@163.com

SYNOPSIS
Mes amis rockers du groupe Shetou viennent du lointain Xinjiang, dans l'extrême ouest de la Chine. Ils sont venus tenter leur chance à Pékin en 1997 et sont aujourd'hui considérés comme l'un des groupes les plus dynamiques et talentueux de la scène musicale alternative chinoise. Matériellement, c'est une autre histoire, car ils vivent péniblement de concerts organisés dans les bars underground de la capitale. Peu importe, du moment qu'ils restent spirituellement maîtres de leur destin…

Lorsque j’ai décidé de filmer ces tranches de vie pékinoise de ces musiciens et de leur entourage au cours de l'année 2001, j'ai avant tout eu envie de garder une trace visuelle de ces moments de leur jeunesse pendant lesquels, en dépit des difficultés de la vie quotidienne, ils se sont sentis libres et heureux.

MAO RAN
Il est né en 1970 dans la province méridionale du Guizhou, mais a grandi dans la province côtière du Shandong. Il a fait des études de publicité à l'Institut des Sciences et Technologies de Pékin. Depuis 1991, il travaille comme décorateur d'intérieur et a fondé sa propre société. Autodidacte de l'image, il suit aujourd'hui à ses heures perdues, caméra numérique au poing, les milieux alternatifs de la capitale.

Filmographie : Joyeux Halloween ! (documentaire, 2002) / Quelqu'un m'écoute ? (documentaire, 2003) / Espace Public (documentaire collectif réalisé par 15 artistes, 2003).


LA CAGE VIDE
(Konglong)
2002
25 minutes
Réalisateur : Jiang Zhi
Production : Jiang Zhi
Contact : www.jiangzhi.net / film2000@163.net

SYNOPSIS
Deux journées presque ordinaires de 2001 dans la ville de Shenzhen : celle d'une étrange jeune fille errant dans mon quartier, puis celle que j'ai passée à tenter de la retrouver.

La veille du jour où je m'apprêtais à déménager, j'ai remarqué cette jeune vagabonde à l'allure bizarre. L'après-midi, elle est restée plantée sous un réverbère juste devant mon immeuble, lisant pendant des heures la même feuille de journal, qu'il lui arrivait de tenir à l'envers. Lorsque la nuit est tombée, elle s'est simplement endormie sous le réverbère, se couvrant juste de la feuille de papier journal. Partout où elle allait, elle transportait avec elle une cage vide et sans fond, comme s'il s'agissait d'un trésor. Cette cage vide avait visiblement une signification importante pour elle. Peut-être était-ce tout simplement le seul objet sur lequel elle avait une emprise, le symbole d'un foyer perdu. Mais ce n'est bien sûr qu'une supposition. Au cours de cette journée, puis tout au long de mes vains efforts pour retrouver sa trace, j'ai ressenti un très fort sentiment de vide. Les gens passant devant elle comme des bourrasques de vent, le temps qui semble immobile mais file comme une flèche… la compassion et l'indifférence, la lenteur et la rapidité, la constance et les coïncidences… tout semblait finalement se rapporter à ce vide en cage.

JIANG ZHI
Originaire de la province du Hunan, il a étudié à l'Académie des Beaux-Arts de Chine, dont il est sorti en 1995. Depuis 1997, il se montre actif dans des domaines variés : romans expérimentaux, photographie, installations, art vidéo et documentaires. Nombre de ses œuvres ont été publiées et exposées à l'étranger. En 2002, il a fondé le magazine artistique Paradoxe. Il vit actuellement à Shenzhen, dans le sud de la Chine.

Filmographie : Vole, Vole (vidéo, 1997) / Index (documentaire, 1999) / La Cage Vide (documentaire, 2002) / Quelques Minutes Humaines (vidéo, 2003).


PAPI JING ET SES VIEUX CLIENTS
(Jing daye he tade lao zhugu)
2003
55 minutes
Réalisateur : Shi Runjiu
Production : Tiandijiuyue Production
Contact : tdjy6699@sina.com

SYNOPSIS
Papi Jing soufflera bientôt ses 87 bougies. C'est un homme pour le moins constant : toutes ces années, il a vécu dans le quartier de Shishahai au cœur du vieux Pékin. Et depuis 70 ans, il est coiffeur-barbier. Avant la fondation de la Chine Populaire en 1949, il possédait déjà un petit salon dans la rue très commerçante de Di'anmen. Aujourd'hui, en dépit de son âge avancé, il continue à couper les cheveux et à raser les barbes. Mais au lieu de manier ses ciseaux dans un salon de coiffure, c'est lui qui se déplace chez les vieux clients pour offrir à domicile ses services experts… et une oreille aussi attentive que réconfortante à ses amis de toujours.

Le quartier historique de Shishahai, avec ses tortueuses ruelles et ses maisons traditionnelles, connaît depuis quelques années un succès croissant auprès des touristes. De vastes travaux de rénovation de ce quartier unique sont déjà en cours. Mais tandis que les bars branchés se multiplient sur les berges du lac Houhai, certaines traditions ou petits métiers commencent déjà à disparaître. Comme celui si attachant exercé par Papi Jing. Il me semble important de garder des traces de ces traditions séculaires grâce aux documentaires. Afin de permettre, peut-être, qu'elles ne sombrent pas totalement dans l'oubli, et surtout donner une chance aux Chinois d'aujourd'hui de mieux comprendre les Chinois d'hier.

SHI RUNJIU
Né à Shanghai en 1969, il est diplômé du Conservatoire d'Art Dramatique de Pékin (département mise en scène). Entre 1992 et 1997, il a tourné un grand nombre de vidéo-clips pour le compte de groupes de rock chinois. Depuis 1997, Shi Runjiu a réalisé plusieurs documentaires et long-métrages de fiction.

Filmographie : Feu de Chine (documentaire, 1997) / Un Monde Merveilleux (fiction, 1998) / Ding Wei en Concert (documentaire, 1999) / Jusqu'au Bout (fiction, 2000) / Histoires de Houhai (documentaire, 2001) / L'hôpital Anding (documentaire, 2002) / Papi Jing et ses vieux Clients (documentaire, 2003).


LE LONG DE LA VOIE FERREE
(Tielu Yanxian)
2001
98 minutes
Réalisateur : Du Haibin
Production : Du Haibin
Contact : bin25221@vip.sina.com

SYNOPSIS
Hiver 2000 à Baoji, dans la province du Shaanxi. Un groupe d’adolescents vagabonds a pris ses quartiers sur la décharge de la gare. Ces nouveaux marginaux de la Chine moderne sont venus de tout le pays. Dans la journée, ils trainent en ville. Le soir, ils dorment en bordure de la voie ferrée. Pour survivre, ils ramassent des ordures ou des bouteilles vides qu'ils peuvent revendre quelques yuans. Parmi eux, Zhou Fu est bloqué à Baoji après avoir perdu son argent et ses papiers. Li Xiaolong et Huo Hongchang se sont enfuis d'un centre de détention pour enfants des rues. Xiao Yunnan a été viré du jour au lendemain par son patron, tandis que Feng Xiang a claqué la porte de chez lui lorsque ses parents ont voulu le marier de force. C'est au sein de cette famille recomposée le long de la voie ferrée qu'ils passeront le dernier nouvel an chinois du siècle.

Dans le passé, j'avais plusieurs fois tenté de discuter avec des enfants des rues, sans succès. Si j'ai réussi à m'approcher de cette bande-là pour le film, c'est probablement parce que j'ai cette fois fait une incursion dans leur monde, au lieu de tenter de les tirer vers le mien. Notamment cette nuit du Nouvel An chinois. Alors qu'ils étaient assis autour d'un feu allumé avec des brindilles et des bouts de plastique et chantaient en cœur " nous sommes des vagabonds", un train est passé à toute allure juste à côté d'eux. Un train illuminé qui les a sûrement ramené en rêve jusqu'à leur village natal. J'ai alors eu le sentiment qu'ils avaient été soudainement éjectés du train, et qu'ils étaient incapables d'y remonter. Moi je ne pouvais que les observer à travers l'objectif de ma caméra et les filmer dans l'état où ils étaient alors, avec l'espoir de pouvoir restituer avec sincérité le sentiment confus qui m'habite depuis.

DU HAIBIN
Né en 1972 à Xi'an, dans la province du Shaanxi. Il a appris le maniement d'une caméra à l'Institut du Cinéma de Beijing, dont il est sorti en 2000. Du Haibin est aujourd'hui installé à Pékin et travaille comme caméraman et réalisateur indépendant.

Filmographie : Le Déjeuner (court-métrage, 1997) / Les Vacances (court-métrage, 1998)/ Doudou (documentaire, 1999) / Le Long de la Voie Ferrée (documentaire, 2000)/ Sous le grand Immeuble (documentaire, 2001).


ILE
(Dao)
2001
Noir et blanc
60 minutes
Réalisateur : Feng Lei
Production : Dexintang Media
Contact : fenglei_@hotmail.com

SYNOPSIS
Loin de la frénésie des métropoles urbaines chinoises, la vie quotidienne d'un pêcheur et de sa famille sur une petite île de la province côtière du Shandong s'écoule doucement, dans une apparente sérénité. Tout comme celle du patriarche d'un clan familial musulman de la ville de Turfan, au cœur des immensités désertiques du Xinjiang, à l'extrême ouest de la Chine.

Ce film décrit les styles de vie de deux hommes âgés vivant dans des lieux et des environnements fortement différents. Mais ce que je souhaitais surtout montrer grâce à ce film, c'est que par-delà ces différences superficielles, les similitudes de la nature humaine sont les plus fortes. Nous vivons finalement tous sur l'île de notre cœur, cernés par un océan sans fond et sans limites.

FENG LEI
Né en 1969 à Pékin, Feng Lei a intégré en 1989 le département décors de l'Institut du Cinéma de la capitale. Son diplôme en poche, il a travaillé comme décorateur pour plusieurs films, avant de se consacrer à la photo, puis au documentaire. D'abord pour le compte d'une chaîne de télévision, et depuis 2001 comme documentariste et producteur indépendant.

Filmographie : Neige sur Yili (documentaire, 2001) / Ile (documentaire, 2001).


COMME UNE RAFALE DE POUSSIERE
(xiang huichen yiyang fei)
2002
50 minutes
Réalisateur : Wang Shiqing
Production : Wang Shiqing
Contact : zouli2008@yahoo.com.cn

SYNOPSIS
En 1983, lorsqu'elle avait 17 ans, la sichuanaise Tang Jiarong a été vendue par un " trafiquant d'épouses " à Mao Heduo, un paysan illettré de 12 ans son aîné de la province du Shandong. Ils ont eu un fils peu après. Quinze ans plus tard, insatisfaite par sa vie de fermière, Tang Jiarong est partie chercher à Pékin un travail plus rentable. Elle a peu après rencontré Wang Zengfu, un autre travailleur migrant vendeur de fleurs à la sauvette. Ils ont commencé à travailler tous les deux, puis ont emménagé ensemble. Mais la très énergique sichuanaise n'en a pas pour autant laissé tomber le projet qui lui trotte dans la tête depuis son arrivée dans la capitale : faire venir son vieux " mari " et leur fils, puis obtenir ce permis de résidence pékinois dont rêvent tous les travailleurs migrants. Le problème, c'est qu'ils n'ont pas de certificat de mariage légal.

Ce qui m'a frappé lorsque j'ai rencontré Tang Jiarong, et ce que j'ai souhaité montrer dans ce film, c'est la nature profonde et sincère de cette femme, mais aussi l'incroyable et égoïste instinct de survie que l'on sent dans ses discours et son attitude. Je suis d'ailleurs persuadé que si Tang Jiarong se retrouve un jour au beau milieu de New York, elle s'en sortira parfaitement bien.

WANG SHIQING
Wang Shiqing est né dans la province du Shanxi en 1973. Après son bac, il a travaillé quelques temps dans une usine tout en suivant des cours de littérature à l'université de Xian. En 1996, il a intégré l'Institut du Cinéma de Pékin. Il s'est depuis installé dans la capitale, où il travaille comme caméraman pour la télévision, et comme réalisateur indépendant.

Filmographie : La Route du Shanxi (court-métrage collectif), Adieu Ciel Bleu (court-métrage, 1999), Douce Route du Sud (court-métrage, 1999), Comme une Rafale de Poussière (documentaire, 2002).


FICHEZ-MOI LA PAIX
(Wo bu yao ni guan)
2001
70 minutes
Réalisateur : Hu Shu
Production : Hu Shu
Contact : www.badrose.com / verymen@hotmail.com

SYNOPSIS
C'est l'histoire de trois jeunes prostituées d'une ville du sud de la Chine. Ye et sa jeune sœur Yang travaillent dans une boîte de nuit karaoké, et leur amie Massagal est masseuse dans le type de salon de coiffure que les clients masculins fréquentent rarement pour se faire couper les cheveux. Les filles comme elles sont aujourd'hui regardées avec un immense mépris et largement rejetées par la société, y compris ceux qui sont parfois leurs clients. Elles sont tout juste considérées comme des objets qu'un peu d'argent peut acheter, sans que personne ne se préoccupe vraiment de leur sort.

J'ai rencontré ces trois adolescentes dans un bar un soir de 1998. Nous avions bu ensemble et étions devenus amis. Un jour, l'une d'entre elles m'a demandé : "est-ce que tu nous mépriserais si nous te disions que nous sommes des filles de karaoké ?". J'avais répondu que non. Deux mois plus tard, je leur ai dit que je souhaitais tourner un documentaire sur elles. Du moins sur leur vie privée et leurs émotions de jeunes filles fougueuses, pas sur leur profession. Les trois filles m'ont laissé emménager dans l'appartement qu'elles louaient avec Liang, le petit-ami drogué de Ye. Pendant les quelques mois passés avec ces quatre jeunes marginaux, j'ai bien entendu appris beaucoup sur eux et leur style de vie, si différent de celui que je connaissais. Mais je n'aurais jamais pensé qu'il se passerait autant d'histoires en direct devant l'objectif de ma caméra.

HU SHU
Né en 1967 à Guiyang, dans la province du Guizhou (sud de la Chine), il a étudié le journalisme et le montage à l'université Fudan de Shanghai. Depuis 1994, il travaille comme réalisateur et monteur pour la télévision du Guizhou. Depuis 1995, il travaille également comme documentariste indépendant. En 1999 a enseigné les techniques de réalisation documentaire à l'Institut de Technologie de Calgary (Canada). Entre 2000 et 2003, il a parcouru le monde en solo pour filmer et réaliser une émission de voyage en 50 épisodes.

Filmographie : Le Livre Sui (documentaire, 1995) / La Mère (documentaire, 1996) / Une Ecole de Village (documentaire, 1997) / Le Combat d'un Vieil Homme (documentaire, 1998).


DV CHINA
2002
92 minutes
Réalisateur : Zheng Dasheng
Production : China Film Group, Beijing New Auto Group
Contact : monky08@yahoo.com.cn

SYNOPSIS
C'est un groupe de paysans reconvertis dans la production de séries télévisées. Depuis le début des années 90, sous l'impulsion de Zhou Yuanqiang, le très créatif directeur du centre culturel communiste local, les villageois de Jindezhen (petite ville de la province du Jiangxi) ont appris à maîtriser toutes les ficelles de la production cinématographique : écriture de scénarios, casting, tournage, montage et même effets spéciaux. Avec un matériel rudimentaire et des budgets dérisoires, mais un enthousiasme sans faille, ils ont déjà produit 18 feuilletons, avec un faible pour les comédies campagnardes inspirées de leur vie quotidienne et les sagas épiques sur les martyrs de l'Armée Rouge. Non content d'alimenter régulièrement la chaîne de télévision locale, l'infatigable réalisateur en chef Zhou Yuanqiang a déjà en tête un nouveau défi pour son équipe de cinéastes et acteurs amateurs : leur premier feuilleton de kung-fu, qui s'intitulera "La haine s'enracine profondément ". Ce documentaire suit la production de cette nouvelle épopée, les difficultés rencontrées pour trouver des fonds, surmonter les problèmes techniques ou les relations humaines au sein de l'équipe. Sans oublier un peu de suspense : les acteurs devront-ils ou non jouer les scènes d'action dangereuses ?

Pour ce premier documentaire, j'ai choisi d'utiliser moi aussi une caméra numérique afin de suivre de plus près ce processus amateur de fabrication d'un film. Et à travers les efforts ou les doutes de ce personnage détonnant - et symbolique - qu'est Zhou Yuanqiang, je me suis efforcé d'apporter quelques éléments de réponse à certaines questions qui me reviennent régulièrement à l'esprit : pourquoi l'être humain ressent-il ce besoin de créer, pourquoi a-t-il autant besoin des images, et quels sont les liens qui relient ces images à notre société ?

ZHENG DASHENG
Il s'est initié à la réalisation cinématographique au conservatoire d'art dramatique de Shanghai et a poursuivi sa formation à l'Institut des Beaux-Arts de Chicago (Etats-Unis). Depuis la fin des années 80, il a réalisé de nombreux feuilletons télévisés et téléfilms, et a travaillé sur divers projets multimédias. Avant d'aborder le documentaire, avec DV China.

Filmographie : Promeneur # 1- # 6 (court-métrages expérimentaux, 1991), Appartement de Filles (feuilleton, 1997), La Fille Fleur de Pêche (téléfilm, 1999), La Légende d'un Poète (téléfilm, 2000), Antiquaire (téléfilm, 2001), Un Précepte de Lettré Bouddhiste (feuilleton, 2001), DV China (documentaire, 2002).