• Mardi 14 Février 2006 à 19h00
SCRATCH PROJECTION
MATTHIAS MÜLLER : THE MEMO BOOK
en présence de l’artiste, et avec l'aimable participation de Christa Blümlinger
The Memo Book
Films, vidéos et installations by Matthias Müller
Matthias Müller travaille le film, la vidéo et la photographie à Cologne et Bielefeld. Ses œuvres peuvent être lues comme une histoire du cinéma expérimental allemand qui reste à écrire. Sa pratique a commencé avec ses expérimentations en Super-8 à Bielefeld, qui demeurent loin des expositions internationales auxquelles il a participé depuis et pour lesquelles il n’a jamais suivi une route linéaire. Ses sentiers alambiqués l’ont amené à prendre le cinéma comme référence principale pour son travail artistique audio-visuel. Le cinéma est l’expérience primordiale pour laquelle il revient toujours.
Matthias Müller grandit dans l’Allemagne de l’Ouest des années 1960. En 1986, il fonde le collectif Super-8 Alte Kinder avec Christiane Heuwinkel et six autres cinéastes, « transformant ainsi leur HLM en studio de cinéma » tel que le note un journal. Il commence à cette époque une étroite collaboration avec le compositeur Dirk Schaefer, qui utilise un sampler en écho à la caméra Super-8 de Müller.
Dans les années 1990, Matthias Müller travaille principalement en 16mm. Tant la conscience collective, les conventions cinématographiques, notre culture visuelle que ses propres expériences sont matérialisés dans de magnifiques court-métrages. Depuis 1999 et les Phoenix Tapes, Matthias Müller travaille avec Christoph Girardet sur des projets communs ayant recours aux techniques numériques. Cette œuvre analysant les films d’Hitchcock lui a permis une reconnaissance dans le monde de l’art.
Les films, installations vidéo et œuvres photographiques de Matthias Müller ont été présentées dans de nombreux festivals et musées de par le monde. Depuis 2003, Matthias Müller enseigne le cinéma expérimental pour l’École supérieure des Arts et Médias de Cologne.
Tant dans sa pratique artistique que dans l’esthétique de ses films, Hollywood, le film d’avant-garde et le cinéma queer se rencontrent. En raison de son intérêt pour la mémoire, les traces du passé et la matérialité du film, ses films et vidéos sont au centre de différentes approches néanmoins intimement liées.
Stefanie Schulte Strathaus
Programme 1 19h00 (80 min.)
AUS DER FERNE THE MEMO BOOK
1989, 16mm, coul, son, 28 min.
« Commencé à la suite de la mort d’un ami proche malade du Sida, Aus der Ferne est à la fois une élégie et une œuvre de science-fiction (…). Dans la tradition d’Eisenstein, Genet, Anger et Jarman, Aus Der Ferne, tente de re-fabriquer le corps masculin, non pour un idéal supérieur, mais plutôt pour célébrer la communion et le désespoir, le mythe et le discours. » Mike Hoolboom
SLEEPY HAVEN
1993, 16mm, coul, son, 14 min.
Inspiré par les nouvelles maritimes de la fin du XIXe siècle et par l’imagerie de films majeurs de l’avant-garde cinématographique comme Fireworks (1947) de Kenneth Anger et Un Chant d’amour (1950) de Jean Genet, ce film laisse ses éléments visuels et sonores se dissoudre, se submerger et se dissimuler. (Gallerie Thomas Erben)
STERNENSCHAUER SCATTERING STARS
1994, 16mm, n&b, son, 2 min.
Des corps célestes explosent. Les étoiles se dispersent. Les dernières lueurs d’une rencontre.
ALPSEE
1994, 16mm, coul, son 15.
« Dans Alpsee deux des tendances de mes travaux antérieurs fusionnent: l’appropriation de found footage et la référence à mon histoire personnelle. Oscillant entre le film de fiction et le film expérimental de collage, Alpsee est le portrait d’une enfance des années soixante. » Matthias Müller
ALBUM
2004, vidéo, coul, son, 24 min.
« Album est nourri par mon arsenal personnel de mémoires. De nombreuses images en mouvement, que j’ai collecté au fil des ans sans but particulier à l’esprit, sont la source visuelle de ce collage : des épaves flottantes et rejetées le long d’une rivière, un sac plastique tournoyant autour d’un fil, une chemise suspendue à une fenêtre ouverte. Ces motifs se rencontrent les uns les autres, à la manière d’un album photo. Des textes insérés tournent autour des processus de la mémoire, de l’appropriation et de la perte. Leurs thèmes récurrents restent des fragments comme des phrases isolées issues d’un journal. Ils accompagnent et possèdent temporairement les images pour finalement les laisser comme elles sont : ouvertes, ambiguës et autonomes. » Matthias Müller
Programme 2 22h00 (81 min.)
VACANCY
1998, 16mm, coul, son. 15 min.
Des extraits de films d’amateurs et de long-métrages tournés au début des années 1960 sont insérés dans ce travelogue. Brasilia, ville utopique représentée dans Vacancy est un endroit abandonné de ses habitants, un musée qui ne survit que grâce à ses seuls gardiens.
HOME STORIES
1990, 16mm, coul, son, 6 min.
Des séquences de films, empruntées à des films hollywoodiens des années 1960, où des actrices Lana Turner, Tippi Hedren et Grace Kelly se retrouvent dans des situations hitchcockiennes, prises dans un suspense sans objet, une angoisse sans nom. Un montage brillant qui dévoile les mécanismes du voyeurisme.
PHANTOM
2001, vidéo, coul, son, 5 min.
Une géographie des ombres. Des silhouettes qui ne prennent jamais vraiment forme. Des figures anémiques, vues en négatif, forcées à errer indéfiniment entre des récits, mais prises dans une boucle qui se répète à l’infini. Elles sont comme des morts-vivants confinés à un espace cinématique qu’ils ne peuvent quitter.
NEBEL
2000, vidéo, 12 min.
PLAY
co-réalisé avec Christoph Girardet, 2003, vidéo, coul - n&b, son, 7 min.
« Par leur montage de found footage représentant des spectateurs, Müller et Girardet décrivent un arc dramatique captivant. Il contient une concentration de suspense, monte, descend, connaît des hésitations, des pics, de la tension et de l’humour. Tout cela est un peu étrange car notre imagination peut plonger très loin dans la profondeur des visages. » Anke Groenewold
MANUAL
co-réalisé avec Christoph Girardet, 2002, vidéo, coul, son, 10 min.
En enregistrant la manipulation d’innombrables boutons, interrupteurs et panneaux de contrôle, et la chorégraphie d'un langage de corps mécanique, Manual réduit toute notion de contrôle de la vie à une absurdité.
BEACON
co-réalisé avec Christoph Girardet, 2002, vidéo, coul, son, 15 min.
Beacon est un montage de plans tournés à dix endroits différents de par le monde. Chacun de ces endroits est situé sur un littoral. Beacon crée ainsi un endroit imaginaire unique. Les lointains échos d’histoires liées à la mer se mêlent à la vie balnéaire touristique actuelle.
MIRROR
co-réalisé avec Christoph Girardet, 2003, vidéo, coul, son, 8 min.
Une femme et un homme, invités à une soirée. Des décors, qu’on abandonne peu à peu, les restes de quelque chose qui s’est produit, des regards ayant perdu leur objet. Dans Mirror, seule la lumière anime les tableaux pétrifiés. Elle relie mais isole aussi les figures, les détache de l’espace qui les entoure.
SCRATCH PROJECTION au Voûtes, séances organisées par Light Cone.
(Programmation : Marc Bembekoff et Christophe Bichon. tél. : 01 46 59 01 53
lightcone@lightcone.org - www.lightcone.org - tarif unique : 6 euros les deux séances ; 4 euros une séance)
Light Cone bénéficie du soutien du Centre National de la Cinématographie, de la Ville de Paris et du Conseil Régional d’Île-de-France.