• Du mardi 3 juin au dimanche 8 juin 2008.
Festival ItinErrance
Mardi 3 juin
Soirée d’ouverture
18h00 Vernissage des expositions
19h00 Performance Vincent Madame
20h30 Ciné Concert « L’Emigrant » de Charlie Chaplin
Cette projection sera présentée en CINE CONCERT par le violoncelliste Pierre le bourgeois (qui joue également avec le chanteur Nosfell) et le mixeur Nicolas Delbart. Apparaissant souvent en trio avec un troisième compère, Bertrand Belin, sous le nom de Baleine Tronique, les deux musiciens qui nous font l’honneur de composer ce ciné concert en soirée d’ouverture ne manquent pas de cachet. Ensemble, ils nous proposerons un répertoire improvisé-travaillé oscillant entre la musique acoustique et la musique électronique mêlée de sons étranges, superposés grâce à des boucles sonores.
Mercredi 4 juin
14h00 Ouverture du site et des expositions
17h00 Projection « La Vie de château » de Frédérique Devilliez en présence de la réalisatrice
Au « Petit Château », des demandeurs d’asile du monde entier comblent le temps en attendant de savoir si leur demande sera acceptée. Mais le nom du lieu invite au conte, à l’humour grinçant et peu à peu, le château se peuple d’une princesse qui crache des serpents, d’un roi magnanime, de fantômes hantant les couloirs…
18h00 Projection « Rond Point Chatila » de Maher Abi Samra
Chatila : le lieu évoque les massacres et les morts. Ce film s’intéresse a ceux qui y vivent. Il montre des fragments de vie saisis dans un espace délimité : les 150 mètres de la rue principale du camp, ainsi que le premier étage de l’hôpital de Ghaza. Il y a l’attente, la cause à défendre, le retour des réfugiés et la révolution. Les personnages racontent des bribes de leur histoire dans le camp. Le film creuse dans le présent et la vie quotidienne de ces personnages. A Chatila, le temps est suspendu et ces personnages se figent dans le vide ; ils n’ont plus rien à attendre.
21h00 Concert « Klezmer Kaos »
Jeudi 5 juin
14h00 Ouverture du site et des expositions
17h00 Projection « Yu » de Manon Ott, « Malaak ou le vaste monde » de Ahlem Aussant-Leroy, « Petits aménagements avec l’occident » de Gregory Cohen en présence des réalisateurs
Yu, une jeune fille d’origine birmane, a fui son pays en espérant se construire une vie meilleure à l’étranger. Dans une lettre, elle annonce à ses parents qu’elle compte demander l’asile en France. Attentes, incertitudes et rêves se mêlent alors entre hier et « bientôt »…
Malaak est Yéménite et ne sort de son pays que pour les soins qu’elle reçoit au Caire. Elle souffre du Lupus. Ces allers-retours en Egypte sont une occasion pour elle de prendre de la distance par rapport à sa famille, d’ôter son voile et d’acquérir un semblant de liberté. Malaak rêve de partir pour le Canada et se confie dans sa chambre, contre la volonté de ses parents, à Ahlem la réalisatrice du film dont elle est le personnage principal. En proie à un grand désespoir elle voudrait pouvoir franchir ces entraves et entrer dans le monde qu’elle observe de loin. Ce film est un portrait tourné en secret, où la caméra cherche a redonner sa place à cette jeune fille à chaque plan, une solitude sublimée à travers la force poétique des plans et la complicité des deux femmes.
La France serait-elle devenue la nouvelle terre sacrée du bouddhisme ? Parti de Birmanie, U Kumara tente de préserver son rôle de moine bouddhiste à Paris. Bien accueilli auprès des fidèles qui voient en lui un moyen de garder des liens avec leur culture d’origine, il devient plus compliqué de se faire comprendre lorsqu’U Kumara est invité dans « les temples de l’ANPE ». Au travers du quotidien d’U Kumara, ce film interroge le dialogue - et souvent les malentendus - entre deux cultures parfois aux antipodes l’une de l’autre.
20h30 Spectacle de contes haïtien chanté par Mimi Barthélémy, précédé du film « Mimi au fil des contes » d’Elsa Rossignol et Julien Segura en présence des réalisateurs
Entretien filmé de la conteuse Mimi Barthélémy. Haïtienne vivant en France, Mimi Barthélémy conte en français des histoires issues de la tradition orale créole. Le conte, que l’adaptation écrite préserve et diffuse, ne prend véritablement sens que dans la bouche vive qui le dit, et dans le temps partagé entre la conteuse et ceux qui l’écoutent. «KRIK ! » Mimi nous invite à lui être attentif… Répondons-lui « KRAK ! », et suivons le fil de sa voix.
22h30 Performance Vincent Madame
Vendredi 6 juin
Journée Light Cone
14h00 Ouverture du site et des expositions
17h00 Projection « Reminiscence of a journey to Lithuania » de Jonas Mekas
« Cette œuvre est composée de trois parties. La première est faite de films que j'ai tournés avec ma première Bolex à notre arrivée en Amérique, surtout pendant les années 1950 à 1953. Ce sont les images de ma vie, de celle d'Adolfas, de ce à quoi nous ressemblions à l'époque ; des plans d'immigrants à Brooklyn, pique-niquant, dansant, chantant ; les rues de Williamsburg. La seconde partie a été tournée en août 1971, en Lituanie. Presque tout a été filmé à Seminiskiai, mon village natal. On y voit la vieille maison, ma mère (née en 1887), tous mes frères célébrant notre retour, les endroits que nous connaissions, la vie aux champs et autres détails insignifiants. Ce n'est pas une image de la Lituanie actuelle, ce sont les souvenirs d'une ‘Personne Déplacée’ retrouvant sa maison pour la première fois depuis vingt-cinq ans. La troisième partie débute par une parenthèse sur Elmshorn, un faubourg de Hambourg, où nous avons passé un an dans un camp de travaux forcés pendant la guerre. » (Jonas Mekas)
19h00 Projection « Les Soviets plus l’électricité » de Nicolas Rey en présence du réalisateur
Une traversée de la Russie en diagonale jusqu'à une ville qui dans l'univers soviétique, était synonyme de déportation : Magadan. A partir de fragments d'un journal sonore, de prises de vues documentaires et de quelques éléments de son autobiographie distillés en cours de route, le ciné-voyageur tente d'aller à la rencontre d'origines fantasmées, aux résonances historiques et politiques. « Tourner, en un long travelling d'ouest en est, (les rails sont déjà posés) ces cartouches Super-8 soviétiques qui stationnent dans mon frigo et voir les couleurs qui leur restent. Périmées, elles le sont, sinon elles ne seraient pas soviétiques ».
22h30 Concert expérimental « In Absentia », concert électro-acoustique de Strom Varx, Gilles Savoy et Jérémy Gravayat
Samedi 7 juin
14h00 Projection « En France » de Benjamin Serrero
Huit adolescents, sérieux, malicieux, profonds dévoilent des objets devant la caméra. Ces objets contenus dans leur sac, racontent une part de leur histoire et dressent un portrait de ces jeunes émigrés, de deuxième et troisième génération en France.
« La Mémoire dure » de Rossella Ragazzi en présence du réalisateur
En 1998, la réalisatrice, Rossella Ragazzi, a passé neuf mois à suivre l'intégration de plusieurs enfants dans la classe d'initiation linguistique (CLIN) d'une école primaire d'application à Paris, l'école Houdon dans le 18ème arrondissement. Venant du Mali, d'Algérie, de Guinée, du Libéria, de Chine, ces enfants, âgés de 6 à 11 ans, sont arrivés en France par regroupement familial et ne parlent pas du tout français lorsqu'ils arrivent dans la classe. En neuf mois, la réalisatrice arrive à révéler, à travers le chemin parcouru par les enfants vers l'intégration, leurs difficiles histoires d'enfants déracinés brutalement.
16h00 Projection « Dans les décombres » d’Olivier Meys
La Chine, deux ans avant les Jeux Olympiques de 2008. Au centre de Pékin, pas loin de la place Tienanmen, derrière d’imposants panneaux à la gloire du progrès chinois, un immense chantier de démolition. C’est le vieux quartier ouvrier de Qianmen qui fait peau neuve.
« Nachbarn Vecinos (Voisins / Neighbours) » de Rouven Rech en présence du réalisateur
« A la périphérie de Buenos Aires se construit l’ambitieux “Projet Nordelta” : une zone résidentielle immense, avec ses rivières, ses lacs et ses bois, entourée d’une haute clôture grillagée et protégée par de nombreux gardes. Bientôt, ce “quartier fermé” sécuritaire abritera 100 000 personnes. A côté de Nordelta, le quartier pauvre de Las Tunas. Certains des habitants traversent chaque jour les “check points” de Nordelta pour y travailler comme domestiques ou jardiniers chez les riches résidents. La peur et les préjugés les séparent du nouveau quartier autant que la clôture de métal. » (Rouven Rech).
20h30 « Saudade do Futuro » de Marie-Clémence et César Paes en présence des réalisateurs
Du journaliste à la femme de ménage, du directeur de galerie d’art à l’ouvrier du bâtiment, les immigrés nordestins racontent São Paulo, l’une des cinq plus grandes villes du monde au rythme des repentes, ces rimes et joutes musicales improvisées des cantadores. Ou comment les troubadours nordestins chantent la culture urbaine du futur. « Avec ou sans complice À São Paulo, je me sens bien / Nous les paysans métis Venons du Nordeste lointain / São Paulo te coûte ta chemise / Mais on peut y rafler la mise. ».
22h30 Concert « Trio carioca », pagode brésilienne
Dimanche 8 juin
14h00 Projection « Facteur toubab »
Facteur Toubab explore le lien qui nous unit à « l’autre », tout autant que la distance qui nous en sépare. François Christophe témoigne de son attachement à un pays d’Afrique, le Sénégal et interroge la nature des liens forts qu’il a noués là-bas au cours de ses nombreux séjours. Yelli, son ami sénégalais est travailleur clandestin en Italie. Le reste de la famille vit sans moyen au Sénégal. Le réalisateur, qui seul peut voyager librement, est au centre d’un échange de lettres filmées dont il est à la fois l’initiateur et le messager, et ce dispositif apparaît comme l’expression la plus juste de sa place et de son point de vue, car il lui permet d’expérimenter ce qui lui semble essentiel dans l’acte de filmer : relier ce qui est séparé…
« Vacances au Sénégal » de François Christophe en présence du réalisateur
Après quatre années de clandestinité en Italie, Yelli, un ami sénégalais a été régularisé. Il va enfin pouvoir voyager librement et revoir les siens. Toute la famille l’attend avec ses besoins immenses. Mais en Europe, Yelli a entrevu la possibilité de mener une vie différente.
17h00 Projection « La Femme seule » de Brahim Fritah
Akosse Legba, une jeune femme Togolaise a été victime d'esclavage moderne. Un luxueux appartement parisien est le théâtre des réminiscences de son passé. Dans des pièces vides sa voix raconte les conditions de sa venue en France, ses souffrances et comment un fragile processus d'affranchissement s'est lentement mis en place, grâce aux objets qui constituaient son environnement quotidien.
« Rome plutôt que vous » de Tariq Teguia en présence des réalisateurs
Depuis plus de 10 ans, l'Algérie vit une guerre lente, une guerre sans ligne de Front mais ayant causé plus de 100 00 morts. C'est ce désert que Zina et Kamel - deux algérois tantôts hallucinés et joyeux, tantôt abattus et sereins - voudront sillonner une dernière fois avant de le quitter.
21h00 Concert de clôture « Nawal, la voix des Comores », précédé du film « Nawal » d’Emilie Omnès en présence de la réalisatrice
Nawal est la première musicienne des Comores à jouer devant un public. Elle brave les interdits familiaux tout en perpétuant son héritage spirituel soufi dans son art. Quel effet a sur elle la musique ?
Les Yeux dans le monde
Animée par le désir d’encourager des débats citoyens sur des thèmes d’actualité, l’association « Les Yeux dans le Monde » (loi 1901), créée en 2003, organise tout au long de l’année des manifestations alliant information citoyenne et expression artistique : projections de documentaires, expositions et débats... autant de rencontres possibles entre les mots et les images. L’association réunit 15 membres photographes, cinéastes, dessinateurs, sociologues ou personnes impliquées dans le domaine de l’action culturelle. Réunis autour du désir d’explorer les relations fécondes entre la forme artistique et la démarche documentaire, nous plaçons au centre de nos préoccupations la question du point de vue. Nos « yeux dans le monde » ne cessent d’en rencontrer d’autres ; ces regards se complètent, se confrontent, se questionnent toujours. Dans une époque saturée d’audio-visuel, où les images sont à penser, notre projet est parti d’une réflexion sur le pouvoir évocateur des images ainsi que sur leur aptitude à interroger nos sociétés. Et, en retour, sur leur capacité à créer des liens et de la conscience politique. Les évènements que nous organisons correspondent à ces questionnements.
(Entrée 3 euros la journée).